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Critique du concert à “Umea Jazz Festival” 22-25/10/2009

… Chant toujours, mais surtout lyrisme avec le duo de la pianiste-vocaliste belge Mathilde Renaud et du saxophoniste suédois Jonas Knutsson, bientôt rejoint par la chanteuse Lisa Lestander. Belle voix au timbre limpide et charnu pour la première, dont le toucher magnifique illumine des mélodies d’inspiration nordique, sonorité chaleureuse et phrasé inventif et capricant pour le second au soprano, plus rêveur au baryton. Quant à la troisième, sa voix est nettement plus liée au chant folklorique scandinave, mais l’accompagnement de ses deux comparses transcende les limites de ce “style” par ailleurs attachant. Au total, une association au charme puissant….

Thierry Quenum,
Jazz Magazine

DN (Magazine suédois)

“Il y a relativement peu de saxophonistes suédois que l’on reconnaît immédiatement. Jonas Knutsson est l’un d’eux, pour une bonne part parce qu’il joue d’une manière tellement personnelle, mais aussi parce que son accent et son langage ne sont pas seulement bâtis sur le jazz, mais également, dans une large mesure, sur le folk suédois.

Si la pianiste belge MR se montre justement curieuse de ces territoires et frontières musicaux, alors elle n’aurait guère pu trouver un meilleur «explorateur de sentiers».

Mais Renault s’avère aussi une compositrice importante. Elle est une pianiste obstinée qui, en partie, s’appuie sur la musique classique, mais qui peut librement lâcher prise d’un genre donné en faveur d’une expression nouvelle, plus libre.

Ils forment un duo à part, mais pas seulement. Les compositions, la plupart de Renault, deviennent le véhicule pour un voyage commun de découvertes quelque part sur la route entre Bruxelles et la province du Västerbotten.

Renault utilise même la voix, et les vocaux se développent encore davantage quand la chanteuse Lisa Lestander termine le deuxième set. Elles présentent plusieurs vieilles chansons suédoises, mais au lieu de souligner les cadences traditionnelles (principalement des danses) comme la polska, un drive soutenu est fourni par la musique, surtout de la part de Renault. De temps à autre, ce qui est en train de se préparer devient indistinct, mais pour l’essentiel, l’attitude autorisée (l’autorité) du groupe fait le lit d’une authentique musique vivante.”

Article original en Suédois.
Johannes Cornell, DN le 20 octobre 2009

Le Soir, 20 janvier 2009

 

Jean-Claude Vantroyen, Le Soir Mardi 20 janvier 2009 p. 16

Festival d’art de Huy: musiques et voix du monde

Julie Gillet
21/08/2009

Une première soirée entre ciel et terre au couvent des Frères mineurs, où se succèdent piano et cor des Alpes, folk et chants diphoniques.
Consacré depuis 1998 aux musiques et aux voix du monde, le festival d’art de Huy est l’un des événements les plus attendus des mélomanes. Maintes fois cité en exemple, le festival se démarque en effet chaque année par sa qualité d’écoute irréprochable, son cadre idyllique et sa programmation artistique exceptionnelle, mêlant sans complexe les sonorités traditionnelles aux rythmes les plus contemporains. Amadou et Mariam, Cheb Mami, Didier Laloy ou encore Ibrahim Maalouf ont ainsi déjà fait résonner les murs du couvent des Frères mineurs.
Cette année, petit changement dans les habitudes, l’église Saint-Mengold n’accueille pas les visiteurs. A la place, le festival s’offre des airs de vacances, au bord de l’eau, sur la péniche “Aurélia Feria”, où ont lieu une multitude de concerts gratuits, plus intimistes, qui raviront les curieux sans le sou.
Mercredi soir, la belle Mathilde Renault ouvrait le bal, accompagnée par le génie nordique du saxophone, Jonas Knutsson. Assise sur son ballon – qui lui permet “de mieux danser en jouant” -, la pianiste a enchanté le public avec sa voix aérienne, mise en valeur par les accords mi-folk mi-jazz d’un Jonas Knutsson plutôt en forme. Le saxophoniste aborde la mélodie avec une souplesse expressive rare, servie par une technique impeccable, et le duo se répond avec légèreté. “Je puise mon inspiration dans les voyages et dans les rencontres que je fais”, explique la jeune artiste, originaire de Stoumont, près de Spa. Un dialogue entre ciel et terre, dans une langue parfois imaginaire, où s’entrecroisent douceur et énergie.
Et d’énergie, il en était question avec les deux Suisses Christian Zehnder et Balthasar Streiff, du duo “Stimmhorn”. Si Mathilde Renault était l’air, eux sont la terre, celle des Alpes, des montagnes et des bergers restés trop longtemps au soleil. Décalés, surprenants, les mots manquent pour décrire leur humour et leur dextérité. Tandis que Christian Zehnder scotche le public en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire par ses capacités vocales exceptionnelles et sa pratique du chant diphonique (émission de deux sons simultanés) et du yodle (vocalise des bergers de montagne), Balthasar Streiff s’intéresse quant à lui au cor des Alpes, au cornet, à la trompette baroque, au tuba et autres didgeridoos avec une prodigieuse maîtrise. Un voyage inattendu, partant des cimes enneigées des Alpes pour rejoindre les confins de la Mongolie, tantôt opéra tantôt jazz, mais jamais là où l’on ne l’attend. “C’est vraiment une bonne surprise, on ne s’attendait pas à cet humour, cette voix et ce souffle”, “Une véritable découverte”, le public semble conquis et se lève pour applaudir.
Après une carte blanche à Tuur Florizone, jeudi soir, le festival accueillera “Les Tisserands” samedi et “Amsterdam Klezmer Band” dimanche. Avis aux amateurs de découvertes !

Grenz Echo, 30/06/2009
Eupener Land

Belgisch-schwedisches Duo einfühlsam und leich
Belgisch-schwedisches Duo einfühlsam und leicht
Zwischen moderner Klassik und Jazz ist die Musik von Mathilde Renault und Jonas Knutsson anzusiedeln.

Eupen
Der Eupen Musik Marathon lebt von Kontrasten: Schrille Popmusik auf der einen, buntes Kinderprogramm mit lustigen Liedern auf der anderen Seite. Und während es in der Gospertstraße kräftig lärmte, herrschte in der Friedenskirche herrliche Ruhe, nahezu andächtige Stille in Erwartung eines Gottesdienstes.

Gedränge
Doch dem war nicht so: Mathilde Renault und Jonas Knutsson hatten zum Konzert geladen. Und dass die beiden was können schien sich herum gesprochen zu haben – dicht an dicht gedrängt saßen und standen die Zuhörer im kleinen Gotteshaus. Ob man die phantastische Musik des belgisch-schwedischen Duos als moderne Klassik oder Jazz bezeichnet – dies mag den Fans überlassen bleiben.
Eines steht jedoch fest: das, was die Tochter einer Musikerfamilie aus Malmedy und der schwedische Saxophonist zu Gehör brachten, war eine wahre Freude.

Einfühlsam
Mit jeder Note spürte man die Leidenschaft der beiden Vollblutmusiker: Einfühlsam spielte Mathilde Renault am Piano, dabei sanft begleitet von Jonas Knutsson, mal mit dem Saxophon, mal mit der Klarinette.
Beim Stück »Smiles« schaffte es das Duo mit spielerischer Leichtigkeit, das Publikum der Friedenskirche in ihren Bann zu ziehen … und ein Lächeln ins Gesicht zu zaubern.
Einfach beeindruckend, wie Mathilde Renault nicht nur mit dem Piano, sondern auch mit ihrer bezaubernder Stimme spielte: Ob afrikanische Knacklaute oder improvisierende gesangliche Begleitung der Klarinette, einfach atemberaubend. Das Publikum dankte es nach jedem Stück mit kräftigem Applaus.(stik)
http://www.grenzecho.net

Grenz Echo, 06/2009
Eupener Land

Eupen Musik Marathon: Programm komplett

La Libre Belgique, 5 septembre 2007
Chroniques dans ” La Libre Belgique”
World-Trad

Aliana Luda
OverOceans

Avec pour mère la guitariste Véronique Gillet et pour père le pianiste Jean-Christophe Renault, bon sang n’a pas menti : Mathilde Renault (Malmédy, 1986) s’est un peu cherchée entre photographie, peinture, musique mais, si elle ne s’est mise au piano qu’à l’âge de 16 ans, elle y fait preuve d’un vrai tempérament. Dès ce premier album, elle développe une personnalité de lumière un peu trouble, de transparence dépolie, de reflets sur la vague. A l’instar de la violoniste Aurélie Dorzée, elle fait partie de ces jeunes femmes qui transcendent les genres – classico-moderne, jazz, monde – au profit de leur épanouissement artistique. L’autre point commun entre la violoniste et la pianiste, c’est le percussionniste arlonais Stephan Pougin, décidément homme à femmes. L’Américaine violoniste Caroline Shaw et le Belge bassiste Arne Van Dongen complètent ce sublime quatuor sans équivalent, divinement inspiré.

Dominique Simonet, La Libre Belgique, 5 septembre 2007

 

Zeitgeist-, August 2007

Mathilde Renault et caroline Shaw invitées dans l’émission “jazz” de Philippe Baron le 23 mai 2007
Elle a seulement 20 ans, mais son premier disque “Aliana Luda” (Carbon 7) indique une belle confiance dans ses choix esthétiques. La pianiste Mathilde Renault, élève de Diederik Wissels, ne semble pas avoir retenu de son enseignement la tradition du jazz américain, mais plutôt l’ouverture vers la tradition européenne. Elle cite d’ailleurs dans ses influences Maria Joao et Mario Laginha et, quoique la filiation soit moins marquée, Bojan Zulfikarpasic. L’idée du groupe “Overoceans” est celle d’une collaboration avec la violoniste américaine Caroline Shaw, plus les percussions de Stephan Pougin et la contrebasse d’Arne Van Dongen. Mathilde Renault et son amie Caroline Shaw étaient les invitées en direct de “Jazz”, le 23 mai.
She is only 20 years old, but already proving very confident in her aesthetic choices, as evidenced on her first album “Aliana Luda” (Carbon 7). Mathilde Renault has studied jazz piano with Diederik Wissels at the Brussels Conservatory, though she does not seem (at all) focussed on the american jazz tradition, rather on an open european tradition. She cites Maria Joao and Mario Laginha as influences, and also Bojan Zulfikarpasic, though the connexion is not as clear. The idea behind her band “Overoceans” comes from working with violinist Caroline Shaw, and we also find on the record Stephan Pougin (perc) and Arne Van Dongen (b). Mathilde Renault and her friend Caroline Shaw were our guest in “Jazz” on may 23rd.
Philippe Baron

Reviewed by Phil Jackson for Zeitgeist- also Jazz album of the month, August, 2007

Zeitgeist, August, 2007
MATHILDE RENAULT
Over Oceans- Aliana Luda

Dolcenitsa is led by violinist Caroline Shaw with the exquisite Steinway touch of Mathilde Renault, a name that is new to my ears but whose music will appeal to lovers of light jazz, ambient and atmospheric music played with great sensitivity and imagination.In A Swedish Mood is a lovely piece especially the ending where the unison of plucked violin and upper octave piano is particularly evocative- one can easily imagine this music adorning a film soundtrack.Merengue has a more overtly jazz feel with double bass (Arne Van Dongen) and percussion (Stephan Pougin) prominent.
Mathilde provides the voice on some of the tracks, at times in scat style but mostly as wordless lines such as on Aliana Luda where her vocalisations are repeated in a folky, playful way on violin.Rolling Tango is another good example of the exceptional interplay between piano and violin with the plaintive Grapelli like violin a perfect adjunct to Renault’s punchy piano chords.Saynatsalo starts off with some delightful piano triplets and seems to be developing into a solo piece for piano and violin until the rhythm section propel it into a jazz groove before returning to its quiet origins, a clever composition.
.Over Oceans is an album you ease into. Take your time with it and you will be rewarded with some of the best instrumental jazz currently on offer.
(C7-078)

Reviewed by Phil Jackson for Zeitgeist- also Jazz album of the month, August, 2007

Ragazzi music, juin 2007

Wie ein Hauch von Frühling, so zart. Und dann wieder ein kräftiger Anschlag, ein forsches Motiv, das alsobald wieder in die elegische Schwebe fällt, wie Erschöpfung. Mathilde Renault spielt ihre Kompositionen improvisativ, wenn sie hörbau auch klassisch ausgebildet und geprägt ist. Caroline Shaw ist ein kraftvoller Gegenpart, dessen klarer, forsch gesetzter Geigenton, ebenso klassisch ausgebildet, als schier natürliche Ergänzung auftritt. Die lyrisch-zarten 11 Kompositionen sind ein lustvoller Reigen, wie ein sinnlicher Garten, weich und duftend, und doch nicht ohne Spiel und Ironie.
Wie im Jazz brechen die beiden Frauen aus den Kompositionen aus, tollen wie Kinder herum, alles ist Frieden, ist unbeschwert.
Mathilde Renault singt lautmalerisch dazu, beschwingt, entrückt, fast naiv, fast erotisch. Der dynamische und mahnende Geigenklang hält sie im Zaum und zieht sie ins Spiel.
Partiell unterstützen Stephan Pougin (perc) und Arne Van Dongen (acc-b) das verspielte, lebensfrohe Duo. In den neoromantischen Partituren steckt auch einige Disharmonie, einige Melancholie, tiefe Versonnenheit und wohlige Lyrik. Erstaunlich, dass diese zarten Töne von einem so dunklen Booklet gerahmt werden, wo selbst die düsteren Töne noch licht und einladend sind.
Weitab von einfangenden Schubladen spielt das Duo, das Quartett seinen Reigen, seine Lebenslust. Die Bilder der Frauen im Booklet sind beredt. Man möchte glauben, Mathilde Renault sei blind, sie hält die Augen stets geschlossen, als wehre sie sich gegen diese Welt und ihre Töne, ließe nur das Klingen aus dem Bauch heraus zu. Caroline Shaw hingegen blickt erstaunlich nüchtern, wirkt entrückt, als wäre sie ganz Idee und Spiel. Trotz der zweifellos virtuosen Spielweise, in aller Lyrik wirkt stets eine hohe Dynamik, ist beiden Frauen die Frage der Technik wohl fremd. Sie spielen keine, scheint es, bewusste, entwickelte Musik. Keine, die auf strengen Partituren ruht und klare, sklavische Intonation sucht. Die Kompositionen sind die Basis des Spiels, darauf die gewiss technisch hochbegabten, intuitiven Musikerinnen ihren Klang zart und lustvoll spielen, schlicht lustvoll spielen.
Der Rhythmus bringt eine jazzige Note ein, die selbst im lautmalerischen Gesang Mathilde Renaults nicht zu spüren war, ein Kontrast, der wenig auftritt, mehr könnte, aber nicht fehlt. Ganz Intuition eben.

Flagey Magazine, 2008

…C’est une boule d’énergie que nous recevrons en la personne de Mathilde. Sa musique est enflammement, passion, ses mesures se composent et se décomposent et on est comme face à la mer où des enfants sautillants joueraient sur le sable, on ne peut que se réjouir d’un spectacle plein de vie et plein de talent en éclosion.

Fabian Fiorini 2008

“Aliana Luda” l’album coup de coeur de Charles Loos, juin 2008

..Les compositions de Mathilde Renault sont superbes,originales et efficaces. Tout comme son jeu de piano :
un toucher magnifique et sûr,des voicings inouis.
cet album est pleins de trouvailles rythmiques et harmoniques !
Les arrangement avec le violon sont subtils et souverains,je suis sous le charme…
Charles Loos, pianiste de jazz belge de renommée internationale

Strade del Cinema, 2005

Les lauréat des sélections belges du concours de composition musicale sur un court métrage muet sont connus.
Originaire de Stoumont,seule au piano,Mathilde Renault a réalisé un accompagnement superbe.
Jouant d’une composition solide et de “bruitages”, elle a accompagné le rythme du film et a parfaitement souligné son aspect burlesque.

Liege province culture & les Grignoux, juin 2005

La Libre Belgique,16 juin 2005

..Soit Mathilde renault (stoumont) seule au piano qui a particulièrement bien soutenu le rythme du film et a parfaitement souligné son aspect burlesque, note le jury.

Sophie Lebrun, La Libre Belgique, 16 juin 2005

Chronique par Jacques Prouvost

La première fois que j’ai entendu le nom de Mathilde Renault, c’était lors d’une conversation avec Jules Imberechts, il me semble.
Puis, un soir, j’ai entendu un extrait de son album à la radio.
Univers particulier.
Intrigué, je me renseigne.
Mathilde est la fille du pianiste belge Jean-Christophe Renault: excellent et discret musicien qui a un pied dans le jazz et un autre… ailleurs. Ecoutez-le sur l’album de Pirly Zurstrassen («Pour L’Ivoire»), ou mieux encore, sur son propre album solo «Là est la question».
Mathilde, elle, a longtemps refusé l’univers musical parental (sa maman est également musicienne), préférant plutôt la peinture, la photo ou le cinéma.
Ce n’est que vers 18 ans qu’elle plonge «sérieusement» dans la musique.
Et en l’écoutant, on ne peut nier une certaine filiation.
Bon sang ne peut mentir.
Cependant, et malgré sa jeunesse, Mathilde possède déjà une très forte personnalité artistique. C’est ce qui fait tout l’intérêt de son disque «OverOceans – Alina Luda».
OverOceans est né de la rencontre entre la pianiste et une jeune violoniste américaine de passage à Bruxelles: Caroline Shaw.
Ce sont ajoutés rapidement au projet, le percussionniste Stephan Pougin (Phinc, Rêve d’Elephant, Steve Houben,…) et le contrebassiste Arne Van Dongen.
À l’écoute de l’album, ce qui frappe d’entrée, c’est la maturité du jeu et des compositions ainsi que cet univers décidément bien personnel.
Voilà un jazz influencé par la musique classique, la musique des Balkans, le folklore latin ou des musiques nordiques…
Mélange de soleil et de vents froids.
La joie côtoie des moments plus mélancoliques, voire presque sombres.
Et si le jeu de Mathilde est sensible et délicat, il ne manque cependant pas d’affirmation. Ses attaques sont franches et quand il faut que «ça balance», elle y va tout de go.
«Rolling Tango» ou «Merengue», plus ouvertement jazz, offrent ainsi de beaux échanges entre piano, percus, violon et contrebasse.
À d’autres moments, Mathilde joue les temps suspendus (comme sur le magnifique «In A Swedish Mood») ou le dépouillement total qui vire soudainement en air de fête (sur «Saynätsälo, une ballade sur un lac gelé en Finlande… une île au milieu du lac…» … oui, oui, c’est le titre !).
Parfois aussi, Mathilde Renault chante. Ou plutôt, elle dépose un souffle léger et ondulant qui accompagne ses accords de piano.
Elle chante des mots sans paroles.
Elle chante à l’unisson, comme le fait parfois le violon (sur «Aliana Luda», par exemple).
Bref, voilà un disque riche, frais et attachant, qui ne manque pas d’idées ni d’humour.
«Un Match Bresil-Bulgarie Dans Les Rues De Stockholm» résume presque à lui seul l’esprit du projet, tant dans l’intitulé que dans la musique.
J’ai rencontré Mathilde lors du Festival Dinant Jazz Nights en septembre.
En me remettant son album, à la fois timide, excitée et finalement soulagée que ce soit moi qui vienne vers elle (car, comme beaucoup d’artistes, elle n’aime pas «se vendre» …Ouch… le vilain mot !), elle m’a parlé de sa musique et d’OverOceans mais aussi de ses nouveaux projets…
Déjà.
Je suis d’ailleurs curieux et impatient de découvrir ça.
En attendant, et comme je n’ai pas encore eu l’occasion d’entendre OverOceans en concert, je me noie dans cet album hautement recommandable.
Allons, n’ayez crainte et faites comme moi, jetez-vous à l’eau.

Jacques Prouvost , Jazzelles décembre 2007

Mathilde Renault, née de ce côté-ci de l’Atlantique, possède pleinement ses racines européennes, qu’elle explore avec gourmandise, des portes de l’Orient (la Bulgarie) à l’Hyperborée (la Suède), capable ainsi de passer de l’expression compacte et mélismatique associée à la première (Eastian road) au côté aéré et limpide caractéristique de la seconde (In a swedish mood n° 2).
Mathilde superpose volontiers à l’ivoire de ses touches ses vocalises sinueuses, parfois tendues, démontrant à nouveau par là sa proximité de cœur avec les idiomes traditionnels. Une jeune artiste à suivre, dont l’hédonisme laisse deviner une générosité créative qui ne demande qu’à s’épanouir davantage.
Mathilde entend bien également se frotter à ses pairs. Ainsi son duo avec la violoniste américaine Caroline Shaw est-il un bijou de lyrisme, d’écoute mutuelle, mieux : d’interplay. Entre tradition classique et folklorique, on est bien ici dans la mouvance des « musiques actuelles » qui font fi des frontières temporelles et stylistiques et invitent à une écoute totalisante.

Bernard Legros, septembre 2006

La Capitale, 6 septembre 2007

Les compositions de Mathilde Renault sont imprégnées de phrasés puissants aux accents des pays de l’Est,de beauté et de douceur,
l’univers d’Overoceans est un voyage poétique entre le jazz;Ravel,Debussy et la musique du monde.

“Brossella Jazz: in de schaduw van het Atomium”, juillet 2008

Ondertussen had de jonge Mathilde Renault plaatsgenomen op een tweede podium. Ze werd gesteund door Stijn Cools, drums; Janos Bruneel, bass en Jonas Knutsson, sax. Renault en haar entourage brachten meer dan genietbare jazz. Haar pianospel en vocale techniek zijn verrassend, fris, de muziek is duidelijk doorweven met wereldmuziek accenten. Hopelijk zien we Renault snel weer in zalen of clubs.

Het Belang van Limburg, juillet 2008

Greinz echo eupen, juillet 2008

Die Malmedierin Mathilde Renault gehart zu einer der granz groben Hoffnungen des belgishen jazz.
Die pianistin und componistin ist zu Gast mit ihrem Trio und dem schwedischem saxophonisten Jonas Knutsson.

Sabam Magazine, septembre 2008

La douce folie de Mathilde Renault
A l’âge qu’ont éternellement les poètes, Mathilde Renault multiplie les projets et dispose de plus d’une corde à l’arc de son actualité. Entre la sortie de Overoceans, son premier opus, et Zanga, son trio avec de jeunes musiciens belges, elle collabore déjà avec Jonas Knutsson pour un deuxième album…
Rencontre avec une jeune pianiste ambitieuse et marquée par le talent de l’ouverture aux autres.
Overoceans est le fruit d’une rencontre par-delà les océans. Quel est l’univers de cette rencontre?
Un jour, un de mes amis a suivi ce que je considère aujourd’hui être sa meilleure intuition: il m’a présentée à la violoniste américaine Caroline Shaw. Il l’avait lui-même rencontrée lors de son premier séjour en Europe, elle avait alors reçu une bourse de voyage.
Je ne disposais pas encore d’un piano à la maison. Nous sommes donc allées dans un bar improviser librement. Là, comme par magie, notre première composition commune est née. On s’est serrées dans les bras l’une de l’autre alors que nous n’étions encore que deux inconnues. Depuis, c’est comme si on se connaissait depuis toujours! Caroline revient régulièrement en Europe pour jouer ma musique, et elle s’y colle parfaitement!

Qu’évoque le titre de ce premier opus: Aliana Luda?
Aliana et Luda sont deux mots bulgares pouvant signifier “douceur folle”, “folie sucrée” ou encore “folle mais douce”. Un peu comme les termes “sweet” et “crazy” en anglais. J’aime l’ambiguité de ce titre, et le fait que peu savent ce que cela veut dire. Les gens peuvent se sentir libre et se laisser emporter par la musique!

Vous êtes une élève de Diederik Wissels. Que retenez-vous de son enseignement?
Diederik m’apporte la sagesse, la rigueur, l’assise du tempo dans le sol. Il m’apprend à improviser. Lui-même est un grand compositeur et improvisateur.

Si votre album était une couleur?
Il serait jaune, orangé. Il serait couché de soleil ou midi de printemps!

Un parfum?
La bergamotte…

Un pays?
La Bulgarie…

Le mot de la fin?
Je me réjouis d’enregistrer mon prochain album.
Jonas Knutsson, avec qui je travaille sur cette deuxième grande et belle aventure, est un poète exceptionnel. Il fait chanter son saxophone comme une voix et m’en donne les larmes aux yeux! On est tous les deux nés un 26 juin…

A suivre.

Sylvie Godefroid, Sabam Magazine, septembre 2008