Médias

 

 

   Les messages médiatisés :

L’apparition du modèle de Shannon et Weaver (1949), après la Seconde Guerre mondiale, a donné une forte impulsion à l’ensemble de la recherche.

Cependant, si leur modèle linéaire satisfaisait l’investigation des ingénieurs, il ne convenait guère à l’analyse de la communication comme processus social complexe.

Au cours des années soixante, la recherche du côté de la communication interindividuelle, s’est cantonnée presque exclusivement à la communication de face-à-face, tandis que l’objet de la communication de masse était limité aux messages médiatisés affectant un large public.

Si les chercheurs en communication interindividuelle se sont recrutés parmi les psychologues, les psychosociologues, et, dans une moindre mesure, les linguistes, ceux s’intéressant à la communication de masse, étaient massivement les sociologues et les chercheurs en science-politique.

Dans ces conditions conflictuelles, l’émergence d’un champ d’étude unifié, l’avènement, qu’après la naissance de la théorie de Shannon et Weaver, certains ont tant espéré, ne pouvait pas se réaliser.

L’unification fut également, empêchée par la politique universitaire.

La branche interpersonnelle a pendant été rattachée aux départements de linguistique et de psychologie, et la communication de masse est devenue une sorte de sous-département des écoles du journalisme, et des départements de sociologie et de science-politique.

Cette ségrégation a provoqué quelques conséquences fâcheuses.

Entre autres, la recherche en communication de masse a subi un enfermement sur elle-même et, ainsi, elle est restée à l’écart de grands débats des sciences sociales (Carey, 1979).

Deuxièmement, cette division de recherche a empêché les chercheurs en communication de considérer leur champ de recherche comme un champ unifié.

Il en résulta une sorte de désordre concernant les théories communicationnelles.

Enfin, ce clivage a obligé les étudiants à choisir au cours de leurs études entre communication interpersonnelle et communication de masse.

 

  La communication interpersonnelle et la communication de masse :

Durant les années soixante-dix et quatre-vingts, quelques chercheurs ont refusé cette ségrégation qui leur paraissait artificielle.

Dès lors, il a été largement reconnu que la communication interpersonnelle jouait un rôle important dans la communication de masse et, ne serait-ce que pour cette raison, les analyser séparément était inopérationnel.

De là, à prétendre, qu’à l’heure actuelle, tous les problèmes de l’ancien clivage ont disparu, serait exagéré.

Tant s’en fout : certains chercheurs s’enferment encore plus farouchement dans leur discipline comme dans une forteresse, craignant de perdre leur pouvoir “institutionnel”.

Par ailleurs, il reste à connaître que, ni les associations scientifiques, ni les revues existantes, ne favorisent une véritable intégration.

Pourtant, il semble évident, que l’on ne peut comprendre le processus de la communication en le limitant à l’analyse de l’un ou l’autre sous-champs.

Comment comprendre le mécanisme de la persuasion, par exemple, sous le seul angle de la communication interpersonnelle, quand nous vivons dans un monde où les individus sont constamment bombardés de messages, provenant des canaux de la communication de masse ?

La journaliste-présentatrice française “Audrey Crespo-Mara”, a répondu à cette question “Cependant, depuis l’avènement de la nouvelle technologie interactive, dont la compréhension exige un effort de deux côtés, on peut espérer que ces acharnements appartiendront bientôt au passé”.

Audrey Crespo-Mara, est parmi les meilleures journalistes politiques de la France.